Le Samouraï des Temps Moderne
Leur premier jour de
cours allait commencer avec un test d’aptitude en Kenjutsu pour les garçons et un cours de cuisine pour les filles. Les garçons se levèrent donc de bonne heure, chacun avec son Katana, prêt à
affronter le premier cours de Kenzo-sensei. Chacun de ces élèves avait déjà une idée même vague de comment on se servait d’une épée, d’un Katana ou d’une quelconque autre arme dans le genre,
d’après les images données par la télé et les Manga. Seulement, cette idée là était tout à fait fausse et c’était ce que Kenzo se devait de corriger : l’arme du Ninja n’est pas seulement une
arme à tuer, elle est aussi une partie du Ninja en lui-même. Et ça, les nouveaux Shinobi auraient du mal à le comprendre. Aussi avait-il du pain sur la planche… Il voulait tout d’abord vérifier
les capacités techniques de chaque élève pour voir jusqu’à quel niveau de compréhension chacun d’entre eux était exposé. Car il faut bien l’avouer, tout le monde n’a pas la même compétence
d’assimilation. Le tout était de voir qui étaient les plus doués et qui étaient ceux qui avaient le plus de difficulté, car chaque élève devait être encadré différemment. Après constatation,
Kenzo avait décidé de mettre Koishii et Seshiro dans le même groupe car leur niveau n’était pas très éloigné l’un de l’autre, tandis qu’Ugid et Kamatari avaient encore quelques difficultés à
supporter le poids et la pression donnés sur le Katana. Ils n’avaient pas assez de puissance dans leurs mouvements et attaques, aussi il était nécessaire de leur apprendre le bon maniement d’un
Katana. La classe de Kenjutsu a ainsi été divisée en deux groupes : ceux qui étaient en difficulté se devaient de s’entraîner à donner plus de puissance dans leurs coups, à l’aide d’un
bâton, sur un pilier. Le but était de casser le bâton en le frappant contre le pilier en question. Le deuxième groupe était composé de ceux qui avaient une capacité d’assimilation un peu plus
élevée. Leur premier duel allait commencer. On les départagea par paire et il fallait qu’ils attaquent tour à tour le type en face d’eux. Celui qui attaquait apprenait à donner de la puissance
dans ses coups et celui qui les arrêtait apprenait à bloquer efficacement. Seshiro fût mit avec un gros gars plein de graisses et qui ne semblait pas très effrayant, et ce fût eux qui
commencèrent le premier défi. Kenzo était toujours dans une position très réflexive. Il analysait chaque mouvement et chaque coups donné par les deux parties afin d’en déduire de quoi ils étaient
capables, et ce qu’il y aurait à développer chez eux pendant le trimestre. Le match qui opposa Seshiro avec son adversaire de duel fût assez simple. C’est Seshiro qui commença à attaquer le
premier. Son attaque fût directe, ferme et sèche. Mais le pauvre tas de graisse tomba à terre dans un bruit assourdissant, sous le poids de son gros derrière. Le duel finit rapidement, parce que
ce dernier n’arrivait plus à se relever, et il avait fallu l’aide de deux des Shinobi pour le tirer afin qu’il se relève. Les autres tombaient sous sa pression lorsqu’il tirait pour remonter. Le
rapport de Kenzo fût assez bref :
- Tu as de la puissance mais pas
assez de rapidité, Seshiro. Un Ninja ne se doit pas seulement d’attaquer son adversaire, mais d’anticiper les éventuels coups qu’il lui porterait. Et quand à toi Backencake (c’était le nom du
gras), tu devrais apprendre à utiliser ton poids en ta faveur de telle sorte qu’il soit une arme et non un piège pour toi. Fais un régime s’il le faut! Un Ninja se doit d’être discret, ce
dont je ne qualifierais pas du tout le bruit que tu viens d’émettre. Mais ne t’inquiètes pas, nous avons encore toute l’année pour travailler ça.
Le
deuxième duel allait opposer Koishii à un élève assez mystérieux : il se nommait Kero et n’avait aucun ami véritable dans l’Académie. Il était souvent seul et il ne parlait jamais à
personne. Il passait souvent ses heures à rester écarté du monde extérieur, perché sur un arbre à tous les coups, pensif à on ne sait quels sujets. Il était aussi très mignon et c’était sûrement
la deuxième cible des filles de l’Académie, juste après Koishii, avec ses beaux cheveux bruns et lisses et ses yeux d’un mystère incomparable. Son Katana était assez spécial : il avait une
série de gravures bizarres sur la manche, alors que celle des Katana de tous les autres élèves était normale. Et ses mains étaient toujours entourées de bandages, comme s’il s’était brûlé
auparavant. Il se mit devant Koishii, sans le regarder dans les yeux. C’était presque à croire qu’il se fichait de la gueule de Koishii « c’est un jeu d’enfant ». Koishii, agacé de ce
petit gars un peu trop frimeur à son goût, partit d’un bon pied. Ce qui surprit le plus Kenzo, c’était que sa posture, sa vitesse, son départ, son élan, et l’éventuelle attaque qu’il allait
porter étaient parfaits pour un élève de première année, alors qu’une bonne partie des autres années ne savaient même pas combiner tout cela en même temps parfaitement. Un des points devait
toujours être négligé, mais pas pour Koishii. Aussi Kenzo s’attendait-il à ce que Kero tombe à la renverse sous une telle attaque, comme Backencake. Mais surprise ! Kero avait arrêté
l’attaque de Koishii avec son Katana, et d’une seule main ! Il n’avait même pas bougé d’un centimètre, et il ne l’avait même pas regardé venir. Et pourtant, il l’avait bel et bien arrêté
cette attaque ! Et d’un geste brusque, il rejeta Koishii loin devant lui. Puis, sans prendre d’élan, mais avec une vitesse considérable. Ses yeux devinrent d’un rouge sang indéfinissable. Il
s’élança sur Koishii, le Katana et les mains en feu. D’un feu de braise incroyable. Koishii eût juste assez de réflexes pour se protéger le visage. Et au moment où il cru que tout était finit
pour lui, une silhouette surgit avec rapidité devant lui, et arrêta l’attaque du mystérieux élève. C’était Kenzo, qui avait anticipé le coup. Au contact des deux Katana, les yeux de Kero avaient
changé de couleur. Ils étaient redevenus normaux, ainsi que ses mains et le Katana lui-même. Kenzo dût alors arrêter le cours pour la journée. Il entraîna Kero avec lui en direction du bureau du
Grand Sage. Koishii était sain et sauf, juste un peu apeuré sous autant de puissance. Son Katana lui malheureusement, à l’approche d’autant de puissances, avait fondu. Ugid et Kamatari s’étaient
précipité vers eux, pour voir si tout allait bien, car même eux avaient vus la scène. Personne n’y comprenait d’ailleurs plus rien, mais encore moins Koishii, qui n’en revenait toujours pas
d’être encore vivant.